L’enjeu est énorme pour les sociétés de fragrances : identifier les notes qui nous mèneront bientôt par le bout du nez. Le terme peut paraître fort, mais le mécanisme relève bien d’une dépendance, celle d’une génération à un type d’odeur. Depuis une vingtaine d’années, trois familles majeures se sont imposées dans la parfumerie, autour de trois molécules stars : la calone aux embruns marins, le dihydromyrcénol, et surtout l’éthylmaltol, à la saveur praline révélée par Angel de Thierry Mugler en 1992.

Lorsque le français MANE réalise en interne des fragrances prospectives pour ses clients, on y sent beaucoup d’épices mais aussi du lait chaud, des céréales, du café, du cacao, du tabac et du miel. Serge Majoullier, nez maison et auteur entre autres de Bonbon de Viktor & Rolf, parie fort sur une extraction au gaz critique de pain d’épices, « une odeur à la fois régressive et légèrement animale, déjà dans les tuyaux d’un futur grand parfum ». Au menu également, les tendances socioculturelles émergentes. « La raréfaction des contacts physiques découlant d’Internet et des réseaux sociaux est une piste majeure, explique Olivier Bachelet, marketing manager fine fragrance chez MANE. Nous travaillons sur des végétaux aux inflexions animales qui miment la présence humaine. » C’est ce que l’on connaît déjà avec l’odeur du cumin et son effet de transpiration sur la peau ou avec celle des fleurs blanches dont la note indolée très charnelle peut indisposer comme lorsqu’on oublie un lys dans un vase. Mais les dernières méthodes d’extraction et le sourcing des cultures ont ouvert le champ des possibilités… (Le Figaro – 16 Mars 2016)

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