
Musée du Louvre
Porter les œuvres au-delà des murs du musée
Tout le monde n’a pas la possibilité de franchir les portes du Louvre. L’éloignement, la langue, la connaissance des codes du musée ou certaines situations de handicap peuvent tenir les œuvres à distance. Le Louvre souhaitait donc aller au-devant de ces publics et leur proposer une rencontre plus directe, plus sensible et moins dépendante du seul regard savant.
Dans le cadre d’un mécénat de compétences, Cinquième Sens a développé avec le musée les composantes olfactives de plusieurs mallettes polysensorielles. La collaboration s’est enrichie de nouveaux thèmes au fil des projets : les Saisons d’Arcimboldo, l’enfance et Madame de Pompadour en 2015, puis l’Égypte en 2017 et les arts de l’Islam en 2019. Ces dispositifs permettent de découvrir les œuvres hors du musée, en associant les sensations à la médiation culturelle.
Chaque thème appelle une palette olfactive spécifique : les quatre saisons pour Arcimboldo ; le chocolat, la madeleine et un parfum de l’enfance ; une évocation parfumée de Madame de Pompadour. La mallette Égypte explore notamment le désert et le Nil. Celle consacrée aux arts de l’Islam réunit encens, safran, fleur d’oranger, rose et menthe. Les odeurs donnent ainsi aux médiateurs des supports concrets pour éveiller la mémoire et ouvrir les échanges autour des œuvres.
Les séquences de médiation associées aux mallettes facilitent l’expression, l’interaction et le franchissement de certaines barrières linguistiques ou culturelles. L’intelligence du projet réside dans cette articulation entre accessibilité et exigence : la sensation n’efface pas le savoir sur l’œuvre ; elle lui prépare un chemin.
Avec le Louvre, Cinquième Sens affirme une conviction fondatrice : les sens peuvent rapprocher les œuvres de celles et ceux qui en sont éloignés. L’odorat devient alors un langage de transmission, au service d’une culture plus ouverte et plus vivante.
